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| | [Récit] Méditations d'un barbare bougon | |
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| Auteur | Message |
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Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:12 | |
| "J'me suis comme qui dirait installé dans le bourg. J'ai même ma propre chambre à l'auberge, c'est dire. 'fin bon, le coin a l'air plutôt accueillant : je crois bien que je vais en profiter pour reposer ma carcasse pendant quelques mois du moins. D'autant que j'aurai visiblement de quoi faire pendant ce temps là. Me reste plus qu'à trouver un gagne-pain parce que bon... Je vais certainement essayer de chasser un peu dans les environs. Il parait qu'il y a pas mal de gibier dans la forêt royale. Faut voir...
Il parait qu'il y a moyen de trouver du travail sans trop de problème pour peu qu'on soit de bonne volonté... Grmmmbll... J'espère qu'un bûcheron ou un artisan saura quoi faire des services d'un voyageur comme moi. Quoique j'aurais peut-être même pas besoin de me fatiguer. Visiblement, la région est loin d'être calme. Je vais peut-être enfin trouver une utilité à la hache que j'ai acheté pour voyager en étant protégé.
Rien que ce soir tiens. J'me suis laissé entraîné par les quelques aventuriers locaux. Pas des légendes certes mais ils m'ont paru plutôt costauds : un nain visiblement plus intéressé par sa bourse qu'autre chose, une espèce de chevalier servant qui m'a l'air plus obéissant qu'intelligent, et deux jeunes femmes. Je sais pas trop quoi penser des deux là. M'ont l'air de mener un drôle de manège. Toutes les deux prêtresses. Mélodie est méfiante, pas du genre à faire confiance comme ça visiblement. Jaia semble plus encline à discuter. P'têtre parce qu'elle sert Sunie après tout.
'fin, voilà pas qu'on s'aventure le long de la rivière locale pour aller chercher quelques ingrédients pour la préparation d'une potion pour soigner le charpentier local, qui aurait été maudit par une espèce de mage qu'on appelle une guenon... Ou une guenaude : quelque chose dans ce goût-là. Bref, une histoire à dormir debout. On se retrouve d'abord dans une grotte à chercher de la mousse. Malgré quelques loups aux dents bien acérées, on s'en sort avec la mousse en prime. Faut dire que Mélodie a été bien efficace. On a continué ensuite jusqu'à une espèce de tour à moitié en ruine, suffisamment lugubre pour me faire hésiter à entrer. L'endroit est rempli de squelettes : je déteste ces trucs là et c'est visiblement réciproque car sans les soins de l'autre-là, j'y restais. On avance un peu mais devant le nombre d'ennemis, on décide d'aller chercher des renforts.
Bien la peine d'avoir fait tout ce chemin. 'fin bref, c'est là qu'on retrouve ce Ferostil, un garde et Jaia. Après quelques palabres inutiles, on finit par repartir. Personne ne parle pendant le trajet. Comme si on savait tous de quelle manière ça allait se finir. Parce que faut dire que notre survie tient du miracle. On monte en haut de la tour après avoir éliminé un zombie. Arrivé en haut, on voit toute une troupe de morts-vivants. Les prêtresses ne bougent pas mais le garde fonce tête baissée. Pouvais pas vraiment lui laisser le rôle du héros dans l'histoire alors je suis allé l'aider, suivi du nain. Oui mais voilà, z'étaient costauds les bougres. V'là pas qu'on se retrouve tous étourdis et quand je retrouve mes esprits, j'ai à peine le temps de me rendre compte que les prêtresses sont pas là que je vois une boule de feu m'arriver en pleine face.
Tu parles d'une journée. Troisième fois que je me retrouve au sol. Et les zombies autour continuent de me taper alors que je me tords de douleur. Ces enfoirés veulent me bouffer. Et dire qu'on était là pour prendre un peu de leur chair. L'ironie du sort je suppose. 'fin bon, le trou noir arrive évidemment. Plus surprenant par contre, je me réveille ensuite à côté des deux prêtresses. Mon corps a du dévaler l'escalier alors que j'étais inconscient. J'essaie de pas trop m'engueuler avec les deux bougresses. Visiblement, elles n'ont pas pu aider. Possible après tout, mais bon. Reste que j'apprends que les deux autres sont aussi tombés. Nous v'là pas repartis à l'étage à tenter de les sauver. Une quatrième fois, je m'effondre et devant les deux femmes. Z'ont du me prendre pour un faible avec tout ça. Je finis par me relever grâce à Jaia.
A ce moment-là, je suis suffisamment énervé pour faire face à la mort sans scrupule et je le fais. Heureusement, les pouvoirs de Jaia me permettent d'affronter les zombis restant sans trop de mal. Saletés. Le temps de soigner Mélodie et de récupérer les affaires des deux autres, on déguerpit. On tombe en dessous sur le chef de la clique de zombis, une espèce de sorcier : celui qui m'a gentiment expédié sa boule de feu. Je lui assène le coup le plus fort dont je suis capable et même si ma hache ne pénçtre pas moitié autant que je l'aurai pensé la chair de cette raclure, il s'effondre au sol. Je vois une baguette dans la main du sorcier. Mais alors que je l'effleure, elle disparaît. Je suppose que c'est une des deux qui l'a pris mais elles nient aussi bien l'une que l'autre : tant pis.
Bref, on revient avec les corps à bout de bras au temple et on les remet au bon soin des prêtres. Des chics types même si j'apprécie pas vraiment Lathandre et le prêchi-prêcha autour du soleil. Z'ont soigné Gronthar et Férostil sans rien demander ; ça doit être ça la bonté je suppose. Malgré tout, je me suis pas attardé dans le coin. Après avoir piqué un petit somme à la Chopine, l'auberge locale, je suis allé à la Lanterne Basse. Une taverne sympa, y a pas à dire, genre cossu quoi. J'ai vu Mélodie y entrer se faire masser par une courtisane : marrant. Et Jaia y est serveuse. Drôle de donzelle celle-là. On a pas mal discuté quand elle me cherchait pas en m'invitant à aller me faire masser.

J'ai bien essayé de fermer son clapet en jouant les goujats mais c'est elle qui m'a cloué le bec. Sacré bout de femme. C'est l'aventurière la plus ancienne du coin, va même monter sa propre chapelle, c'est dire."
Leandrys posa la plume en se demandant pourquoi il s'était embêté à écrire dans ce carnet. 'fin bon, exercer un peu sa main à écrire ne peut pas lui faire de mal après tout" pense-t-il. Et il ferme alors le carnet avant de s'adosser à son tronc sur la place de marché. Il est un peu tôt mais jamais trop pour une petite sieste. |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:12 | |
| Le matin se lève sur Soirétoile tandis que Leandrys ouvre son carnet. Il n'est réveillé que depuis quelques minutes mais il ressent le besoin de noter ce qui s'est passé au cours des derniers jours.

"Ca fait déjà quelques jours que je traîne mes savates dans le coin. Y a pas à dire, la région est sympathique. J'ai entrepris de faire un tour des échoppes du bourg histoire de voir s'il y avait pas moyen de gratter quelques pièces. Evidemment, c'est la dernière dans laquelle je rentre où je trouve quelque chose. Faut dire que ça sent rudement bon. J'aurais du me laisser guider par mon flair.
C'est chez le boulanger. L'a besoin d'un gaillard comme moi pour lui apporter sa farine. Je grogne un peu sur le coup mais bon, pourquoi pas après tout. Je file au moulin directement et v'là pas que j'apprend que le meunier a des soucis et qu'il a besoin du charpentier. Me voilà reparti pour l'autre bout de Soirétoile. J'adore ça. J'arrive vers chez ce Roarel, à qui on a sauvé la vie, et le bougre m'envoie paître. Visiblement une brouille avec le propriétaire du moulin. Bien ma veine ça.
De retour au bourg, je fais le tour du marché et discute avec le marchand à l'air le moins civilisé. Une espèce de trappeur à qui j'ai acheté mon couteau de dépeçage. J'ai appris quelques p'tits trucs grâce à lui. Le gibier se trouve dans la forêt royale. Bon à savoir ça même s'il semble que les sangliers ne soient pas ce qu'il y ait le plus à craindre : il y aurait des orques là-bas... Evidemment, je m'étonne que les fameux Dragons Pourpres n'aient pas réglé le problème. L'autre me répond genre ils sont débordés. Et là me vient une idée.
Je vais faire un tour à la Chopine et je sympathise avec ce Dunman, un mec bien sympathique d'ailleurs. Il me rencarde sur les possibilités du coin. Quand je lui parle de milice, il me dit qu'il y a rien de semblable dans la région depuis quelques mois alors bon, je me décide à aller voir le capitaine des Dragons. J'ai de la chance : le soldat ne semble pas aussi buté que celui que j'ai côtoyé à Marsembre. Quand je lui dis que pour gagner ma croûte, je m'engagerai bien dans une espèce de troupe citoyenne, il y semble plutôt favorable. J'ai du avoir l'air fin d'ailleurs. Je suis pas habitué à ce qu'on me juge bien en me voyant. 'fin bref, le capitaine semble emballé et me promet d'en parler au seigneur local.
Plutôt content de moi, je décide d'aller faire un tour chez le bûcheron, au nord-ouest du bourg, histoire de. Une bonne inspiration parce que Tuldor me confie aussitôt une commission pour les nains de la mine. Me semble vaguement avoir entendu parler d'eux mais je me souviens plus à quel sujet. Je vais là où il m'a indiqué et je me retrouve dans une espèce de caverne, avec une porte scellée au fond. L'endroit a visiblement été habité mais là, plus personne. Comme je connais pas le coin, je pense que je suis pas dans la bonne caverne. Du coup, je continue au sud. Je cherche, je cherche mais rien... Assez contrarié, je rentre au bourg pour demander à un badaud s'il sait où elle est.
Et v'là pas que je croise la demi-portion, Gronthar. Un bon bougre celui-là, quoiqu'un peu cupide. Peut pas voir une caisse ou un coffre sans se jeter dessus. Ca lui a déjà causé des soucis pourtant. 'fin bon, il est pas méchant non plus et on se décide à partir tous les deux chercher la mine. Malheureusement, il connaît pas plus le coin que moi. On se retrouve une nouvelle fois devant la grotte que j'ai découverte sans savoir quoi faire. Il choisit ce moment pour me dire que cette grotte est certainement la mine naine mais qu'elle serait hantée, à ce que lui en aurait dit Mélodie en tout cas. Je gromelle et me résigne à chercher la prêtresse au bourg. Avant ça, j'ai essayé de chasser le sanglier. Heureusement qu'on était deux au passage. Gronthar s'est pris un coup dans la jambe, j'ai bien cru que je devrais le porter jusqu'à ce satané temple. 'fin bref, on en vient à bout et pour rien en plus... J'essaie de dépecer la bête et il me semble y parvenir mais quand je prend la peau, je me rends compte que ce ne sont que des lambeaux. Bien la peine...
De retour en ville, pas moyen de trouver Mélodie. Heureusement que le bourg est minuscule parce que sinon... 'fin bon, on finit par tomber sur elle à la maison communale où elle est en grande discussion avec un ponte local. Une fois qu'elle finit, elle accepte de suite de nous mener à la mine mais ne confirme que vaguement les propos de Gronthar. Elle prévient néanmoins qu'au moindre signe de présence hostile, elle déguerpit. M'avait pas l'air d'une lâche pourtant. Je trouve ça bizarre sur le moment mais je la suis en espérant que la mine naine n'est pas la caverne que j'ai découverte. C'est pourtant bien le cas mais par chance, on parvient à passer la porte scellée. Pis on descend... Un premier niveau désert. Arrivé au deuxième, même constat... Du moins n'y a-t-il pas de nain... Parce que Gronthar attire rapidement quelques étranges volatiles, heureusement pas coriaces et je vois une espèce de fantôme au bout d'un des couloirs de la mine. Immédiatement, Mélodie se fige et voyant le comportement imprudent du nain, je préfère me ranger à l'avis de la prêtresse et nous rebroussons chemin.
Après un passage chez le bûcheron, à qui je confirme, après lui avoir rendu son bois, que c'est normal que les nains ne soient pas venus récupérer leur livraison, je retourne en ville avertir le capitaine. Quand j'entre dans les baraquements, je tombe sur Mélodie, qui visiblement n'avait pas perdu de temps, mais aussitôt que le capitaine pointe le bout de son nez, la miss prend la poudre d'escampette et me laisse seul expliquer ce qu'il en est. Hondh, un premier temps contrarié par la présence de Mélodie, redevient courtois et écoute le récit de notre découverte. Il est visiblement arrivé quelque chose aux nains car personne ne les a vu sortir. Et c'est comme ça que je me retrouve avec la responsabilité de mener l'enquête sur ce qui s'est passé. Bien ma veine ça.
Je cherche un moment Gronthar. Mais pas une trace de lui dans le bourg. Faut pourtant que je trouve deux ou trois aventuriers pour m'aider dans l'enquête. Je me résous alors à demander à Mélodie même si je m'attends à ce qu'elle m'envoie sur les roses. La donzelle est encore plus dure à trouver que la première fois, du coup, je me pose à la Chopine, en me disant que la nuit tombée, elle finira bien par passer pour se reposer. Heureuse idée puisque après une petite heure à attendre, je la vois débarquer. Elle monte dans sa chambre, pour se changer visiblement, et j'attends patiemment qu'elle redescende, ce qu'elle fait assez rapidement. Elle vient s'asseoir directement à ma table, après tout, je me suis peut-être trompé. Elle sera peut-être d'accord. D'ailleurs, elle semble alors de bonne humeur, et elle est toute pomponnée, robe de soie et tout le tralala. Elle me dit qu'elle va à la Lanterne. Je comprends qu'il faut que je profite de sa visible bonne humeur pour la convaincre.
Malheureusement, ça n'a jamais été mon fort... Convaincre les gens de quoique ce soit et ça se vérifie. J'emprunte quelques détours avant d'arriver à la question mais je ne la trompe pas le moins du monde : elle me répond un non certes souriant, mais ferme. Pas que cela m'ait surpris hein mais bon. Je continue à discuter avec elle un moment. Elle semble malgré tout ne pas trop mal supporté ma présence comme j'en avais eu l'impression l'autre jour. Elle s'attarde même un peu et j'en profite pour lui poser quelques questions, notamment sur les personnes qui pourraient m'aider. Tout au plus me donne-t-elle le nom de deux aventuriers qui traînent souvent en ville : Ethan et Grumvor. Sentant qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses, je la remercier et la laisse partir se faire masser. Drôle de p'tit bout de femme quand même. A se demander pourquoi elle veut pas aller dans cette mine. P'têtre que l'expérience dans la tour de la dernière fois l'a refroidie mais je doute que ce soit le genre de la donzelle. Du coup, je me dis que c'est peut-être autre chose. Genre les drôles de rapport qu'elle semble avoir avec le capitaine par exemple.
'fin bon... J'suis pas plus avancé du coup et je vais devoir attendre plusieurs jours pour réunir une équipe pour aller explorer cette mine. V'là pas que je suis devenu chef. Va être bien tiens de jouer les gros bras alors que je viens de débarquer. Vais avoir l'air fin... Et pour un peu qu'une des deux prêtresses soient là, il va suffire qu'elle parle de ma tendance à m'effondrer au sol comme une fillette pour ruiner toutes mes chances. Sale journée décidemment..." |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:12 | |
| Leandrys marchait d'un air las en traversant le marché. Dépité, il observait la lame que le capitaine venait de lui confier quand un Dragon Pourpre l'interpella : "Hé, pas d'armes en ville toi !". Le barbare rangea la lame dans son fourreau et continua à avancer en marmonnant un vague mot d'excuse. "Nan mais vraiment, quelle plaie ce bled..." pensa-t-il.
Deux jours plus tôt.
La nuit précédente avait été paisible. De bonne humeur, Leandrys rejoignit la grande salle de la Chopine, dans l'espoir d'y prendre un déjeuner bien mérité. Après tout, le zénith approchait et il n'y avait pas meilleur moyen d'entamer la journée. Il s'installa donc et se fit servir par Norema une assiette pleine de fèves au lard et même s'il n'était pas adepte de la cochonnaille en général, Leandrys mangea de bon coeur. Alors qu'il rapportait son assiette au bar, un homme entra dans l'auberge. Un inconnu visiblement mais cela ne l'empêcha d'aborder le Vaasien et de lui proposer amicalement une choppe. Bien que pressé d'aller chasser, il accepta et se prêta à ce babillage inutile que les gens ont l'habitude de pratique lorsqu'ils se rencontrent.
En vérité, Leandrys ne fit pour ainsi dire qu'écouter. Sombre, puisque c'est ainsi qu'il avait dit s'appeler, était un drôle de bonhomme. Le barbare écouta distraitement son histoire et n'en retint pas grand chose, ou du moins seulement ce qu'il jugeait digne d'intérêt. Sombre était un voleur venu se réfugier au Cormyr. Le reste de son histoire portait principalement sur des détails aussi assommants qu'une famille morte et une vie de misère. Pas le genre de refrain dont Leandrys se délectait en général. Néanmoins, le jeune homme lui paraissait sympathique et quand ce dernier lui paya une seconde bière, il l'invita à la chasse avec lui. Certes, ses dernières tentatives avaient été de cuisants échecs, si l'on exceptait le sanglier tué avec l'aide de Gronthar, mais le trappeur du marché lui avait garanti qu'il y avait du gibier dans la région : il finirait bien par le trouver. Sombre sembla plutôt enthousiaste à l'idée d'aller chasser et les deux hommes se mirent en route assez rapidement.
La forêt royale, au sud du bourg, ne fut pas longue à atteindre. La veille, Leandrys s'était frotté malgré lui à deux orques en faction près du sentier forestier et s'il en était sorti sans trop de problème, il prit néanmoins soin de contourner les lieux de l'escarmouche tandis qu'ils s'enfonçaient un peu plus dans les bois. Sombre et Leandrys progressèrent lentement pendant plusieurs lieux, tâchant d'être le plus discret et le plus attentif possible. Malheureusement, ces précautions ne servirent guère : les bois semblaient pour ainsi dire désertés. Pire : plus le temps passait, plus Sombre semblait perdre son sang froid. L'étrange quiétude qui régnait dans les bois semblait à vrai dire presque surnaturelle et Leandrys n'était pas tranquille non plus.
Ils finirent par trouver une grotte et le barbare se dit que la chance leur souriait à coup sûr : dans quel meilleur endroit pourraient se cacher les animaux de la forêt ? Mais dès qu'ils entrèrent, une intense sensation de malaise envahit le Vaasien : toujours le même silence mais pas une once de lumière ne semblait avoir pénétré la grotte depuis un temps infini. Songeant qu'il y avait plus de chance pour que l'endroit fut la tanière d'un ours plutôt que celle de sangliers ou de cerfs, Leandrys en sortit rapidement pour retrouver l'étrange atmosphère de la forêt, qui à ce moment lui parut on ne peut plus rassurante.
Comprenant que cette énième tentative de chasse se transformait en fiasco, le barbare se résigna à reprendre le chemin de Soirétoile. Sombre de son côté ne cachait même plus sa nervosité et douta ouvertement de la capacité du barbare à les ramener à bon port. Tandis qu'il songeait qu'il s'était peut-être mépris sur la trempe de son compagnon, Leandrys aperçut un ours noir à quelques pas... Il admira pendant quelques longues secondes la bête se déplaçant avec une grâce animal, certainement à la recherche d'une proie. Ce fut l'apparition de Sombre à ses côtés qui ramena Leandrys à la raison. Craignant par dessus tout une maladresse de son compagnon, il préféra s'éloigner rapidement de l'ours avant qu'un malheur arrive. Quelques temps plus tard, ils aperçurent les barricades du sud du village et Leandrys s'abstint avec difficulté de signifier à Sombre que son sens de l'orientation ne l'avait jamais trahi après des années d'errance.
Intrigué par ce qu'il avait pu constater en explorant les bois, Leandrys gagna la caserne pour en parler au capitaine, et en profiter pour demander ce qu'il en était de la milice. Sombre le suivit et ils furent reçus l'un après l'autre, le barbare en premier. Le capitaine Hondh ne fit que confirmer avec un certain dépit ce que Leandrys avait pu constater en partie : les Dragons Pourpres se bornant à simplement protéger le bourre, les orques avaient pu faire du sud de Soirétoile leur territoire. Devançant l'initiative du barbare, Hondh en profita pour le relancer sur la milice et lui dire que le seigneur avait donné son aval : ne restait plus à Leandrys qu'à faire ses preuves et il savait comment... Il sortit du bureau du capitaine et saluant rapidement Sombre, il regagna la Chopine pour une nuit de sommeil bien méritée.
Le lendemain matin, levé de bonne heure, Leandrys se résolut à ce que cette journée soit un peu plus productive que les précédentes. Dans la grande salle, il croisa Sombre et lui expliqua ce qu'il savait au sujet de la mine naine. Satisfait d'entendre que son compagnon de la veille était près à le seconder pour une exploration en bonne et due forme de la mine, il s'aventura à lui parler du projet de milice, ce qu'il regretta aussitôt en voyant la réaction timorée de Sombre. Cet imbécile s'était engagé chez les Dragons. Surmontant sa désillusion, Leandrys lui promit de le retrouver plus tard pour qu'ils reparlent de l'expédition.
Le barbare oublia tout ce qui le préoccupait dès qu'il sortit du bourg et sentit sur son visage la caresse du vent. Enivrée par les effluves de rosée matinale, Leandrys prit sa solide hache en main et se mit à courir en direction du dernier endroit où il avait croisé un sanglier. Quelques jours auparavant, il avait en effet tué une femelle, qui venait visiblement de mettre bas comme l'attestait les pis de l'animal. L'espoir de trouver le mâle voire la portée de la bête enflamma le Vaasien qui parcourut la forêt au nord-ouest du village avec empressement et détermination. Malheureusement, il ne distingua que quelques traces éparses et dut se résoudre à reconnaître, une fois de plus, son échec. Comme il n'était pas loin de la mine, Leandrys s'aventura jusqu'à l'entrée pour voir si d'aventure il pouvait recueillir de nouvelles informations avant l'expédition. Malheureusement, ce ne fut pas le cas et il s'aventura jusqu'à la hutte du bûcheron pour le questionner.
Mais alors qu'ils venaient juste de passer les politesses habituelles, Leandrys aperçut un nain s'effondrer sur le sentier à quelques pas d'eux. Le pauvre semblait très mal en point et tandis que le barbare prenait soin de lui comme il pouvait, le bûcheron partit chercher de l'aide au temple. Réunissant certainement ce qui lui restait de force, le nain réussit à souffler quelques mots à Leandrys. "Ils sont tous morts... Ils les ont tué..." Le Vaasien ne comprit pas le reste et dut assister impuissant au râle d'agonie du nain quelques instants plus tard. Myrkyr arriva seulement ensuite et sa magie fut impuissante face au mal qui avait emporté le malheureux.

Décidé à tirer l'affaire au clair une fois pour toute, Leandrys rejoignit rapidement la caserne pour tenir Hondh au courant des derniers évènements. Ce dernier adjoignit Férostil au barbare pour l'exploration de la mine et après avoir retrouvé Sombre, les trois aventuriers se mirent en route. Le trajet fut silencieux, certainement parce qu'au final, les trois hommes ne se connaissaient que peu sans compter l'appréhension qui habitait chacun d'eux sans qu'aucun ne daigne néanmoins le reconnaître. C'est seulement quand ils entamèrent leur longue descente dans la mine que Sombre et Férostil recommencèrent à discuter, ce qui ne manqua pas d'exaspérer Leandrys, qui leur ordonna de se taire assez rapidement. Dès lors, le silence régna, interrompu seulement à de rares occasions par de sombres échos provenant des tréfonds obscurs de la mine. Les couloirs se succédaient rapidement et ils n'avaient encore aperçu aucune trace des nains. Parce qu'il était déjà venu dans la mine - en vérité il était à peine rentré dedans -, Leandrys prit le contrôle du groupe. Peu enclin à discuter stratégie avec ses compagnons, il décida de suivre les rails de la mine, pensant que ce serait là le meilleur moyen de rejoindre les nains s'ils s'étaient réfugiés dans les profondeurs mais aussi de retrouver facilement le chemin du retour.
Pendant un certain temps, tout se passa pour le mieux. Prenant soin d'éviter les créatures étranges qui peuplaient désormais la mine, les trois hommes progressèrent sans mal. Mais au détour d'un couloir, Sombre ou Férostil - Leandrys ne sut pas lequel blâmer - trahit leur présence et un fantôme fondit sur eux. Les deux guerriers commencèrent à fuir mais le barbare comprit qu'une course effrénée dans la mine leur permettrait tout au plus de se perdre, voir d'attirer d'autres créatures. Résigné, il brandit sa hache et l'abattit sur la créature sans savoir s'il la blessait vraiment. Ses deux compagnons retrouvèrent visiblement un peu de courage et vinrent lui prêter main forte. A eux trois, ils réussirent à venir à bout de l'ombre démoniaque, avec seulement de légères blessures. Leur confiance s'en étant trouvée renforcée, les trois hommes progressèrent d'un pas plus assuré dans les couloirs de la mine et mal leur en pris… Quelques minutes plus tard, une créature étrange les attaqua. Le combat s'acheva rapidement sans qu'aucun des trois ne fut blessé mais ils étaient tous abasourdis… Férostil était nu tandis que Leandrys tenait dans sa main un simple morceau de bois. Il fallut qu'il voient leur corps de la bête se décomposer au sol et ronger la roche pour comprendre que ce n'était pas une question de chance si les projections d'acide de la bête ne les avaient pas atteints mais simplement que leur cible était le métal qu'ils portaient et pas eux…
Conscients du ridicule de leur situation, Sombre, Férostil et Leandrys se résolurent à rebrousser chemin, penauds. Grâce au sens de l'orientation du barbare, ils sortirent rapidement de la mine et regagnèrent le bourg. L'entrevue avec le capitaine Hondh ne fut qu'une formalité. Tout au plus leur dit-il qu'il fallait poursuivre l'exploration. Ils se virent ensuite remis une arme en dédommagement et furent promptement congédié…
Leandrys s'installa au pied du grand arbre de la place du marché et examina pendant quelques minutes la lame qu'on lui avait confiée d'un air sceptique. D'un air las, il fouilla dans son paquetage pour trouver son carnet. S'appuyant contre le tronc, il réfléchit un moment à ce qu'il pourrait écrire. Songeant que les deux derniers jours nécessitaient un récit beaucoup trop long pour son humeur actuelle, il jeta un dernier coup d'œil à l'épée et écrivit quelques mots en grommelant.
"J'ai perdu ma hache et on m'a donné une épée à la place. 'fin bon…" |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:13 | |
| Leandrys était installé près du feu dans la salle de la Chopine. La nuit était déjà bien avancée et il aurait du se trouver au lit mais l'alcool lui causait parfois de drôles d'insomnies. Un effet désagréable dont il se serait bien passé et ce soir là, une fois de plus, il avait oublié comment plusieurs choppes de bières et quelques pichets de vins pouvaient l'affecter. Une profonde nostalgie l'envahissait, encore que cela fut plutôt banal. Ce qui l'était moins, c'était l'acuité intellectuelle qu'il semblait posséder dans ces moments d'ivresse. Acuité, qui l'amenait à poser un regard objectif sur sa vie ce qui ne manquait pas de renforcer son humeur morose. Malgré l'heure tardive, Leandrys sortit donc son carnet et sa plume pour se changer les idées. Les grandes bougies de l'auberge étaient alors déjà atteintes et l'obscurité avait étendu son ombre dans la salle : l'aube était plus proche que le crépuscule et Dunman s'était retiré depuis déjà quelques temps ; seuls quelques bruits diffus parvenaient de la cuisine par intermittence. La flamme de l'âtre était l'unique compagnon du barbare. Il s'en rapprocha donc pour profiter de sa chaleur aussi bien que de sa lumière. Assis devant le foyer, Leandrys commença à griffonner quelques mots sur le petit carnet qui lui servait de journal.
"Deuxième fois que je laisse deux jours passer sans prendre le temps de marquer ce qui s'est passé. Faut dire que c'est pas comme si j'en avais vraiment eu le temps. Encore que… J'ai pas arrêté aujourd'hui mais en fait hier a été plutôt calme, trop calme. J'espérais bien voir Mélodie en fait et quelques uns de ses aventuriers qui traînent dans le coin. Toujours cette mission pour le capitaine pour faire mes preuves. Suis resté un temps à l'auberge à attendre. Je crois même que j'ai fini par m'endormir. A mon réveil, y avait toujours personne, du coup je suis allé chasser.
Depuis que je suis arrivé, c'est plutôt la misère pour trouver du gibier. C'est à peine si j'ai trouvé un sanglier. Et encore, c'est à peine si ça m'a servi à quelque chose : sa fourrure était dans un tel état que j'ai rien pu en retirer et l'animal trop vieux pour espérer récupérer la viande. Quand je pense que Gronthar a failli laisser sa peau pour ça. J'en avais marre des excursions hasardeuses dans la forêt royale. Tout ce que j'y ai rencontré, ce sont des orques et un ours, mais de gibier aucune trace. Pour ça que j'ai eu l'idée d'explorer un peu d'autres coins. Je suis d'abord allé à l'est du village. Pas grand-chose d'intéressant. Pas de gibier évidemment. J'ai rencontré un fermier par contre. Un pauvre bougre qu'avait quelques soucis avec son verger. Genre des striges avaient envahi les lieux et l'empêchaient de récolter ses fruits. Vu que j'avais déjà eu à faire à des saletés du genre et que j'avais rien à faire d'intéressant dans l'immédiat, je me suis occupé des bestioles. Le paysan m'avait parlé d'un véritable nid. J'en ai trouvé que trois en fait mais ça a eu l'air de le contenter. M'a filé un panier de pommes en récompenses. Faut croire que je fais ça pour la gloire. Remarque, avec un peu de chance, ça reviendra aux oreilles du capitaine. Parce que bon… J'ai jamais aimé les pommes moi. Je les ai revendues une misère sur le marché un peu plus tard. Faut dire que les fruits étaient pas bien beaux. La faute aux bestioles certainement.
Voyant qu'à l'est j'avais pas de succès, je suis allé à l'ouest. Genre le long de la rivière locale. Pendant le voyage vers la tour où on avait botté les fesses à ces satanés macchabées, j'avais repéré, un passage étroit dans la falaise. Il devait mener à une plaine isolée. Le genre d'endroit que je recherchais. J'y suis allé prudemment mais bon j'ai pas eu de chance… A peine j'arrive dans la plaine en question que j'aperçois non loin de là une espèce de félin, genre grandes dents, grandes griffes et jolie fourrure. C'est dans ces moments là que j'aimerais avoir un arc solide. Mais bon, j'ai brisé celui que j'avais pendant le voyage en arrivant et les prix dans le bourg sont invraisemblables. Du coup, je me retrouve avec mes haches de lancer. Puissantes certes mais niveau précision, on a vu mieux. Je me positionne sur une petite colline et je commence à canarder la bête qui se trouve alors à quelques enjambées de moi. C'est là que je me suis dit que j'aurais du un peu m'entraîner. Je savais pas que c'était possible d'avoir du mal à viser à ce point. Je touche avec ma première hache mais les suivantes passent au large du félin. Il regarde autour de lui en me cherchant des yeux mais me voit pas de suite et je profite pour essayer de le blesser. Mais le sort s'acharne, ma maladresse s'aggrave lorsqu'il finit par foncer sur moi. J'ai beau laissé tomber les haches et sortir ma lame, sans bouclier, je n'arrive pas à me protéger et le cougar me lacère les jambes de puissants coups de griffes. J'essaye de le repousser mais mes tentatives ne sont que pure perte et un dernier coup à l'abdomen me fait sombrer dans l'inconscience.

Je sais pas ce qui c'est passé à ce moment-là. Normalement, ça aurait du être l'heure de la tambouille pour la bête mais je me suis réveillé sans qu'aucun de mes membres ne manque à l'appel. Avec un peu de chance, l'odeur du cuir que je porte m'a pour une fois servi. Depuis le temps que je la porte, mon armure a eu le temps de faisander. 'fin bon, j'étais pas bien vaillant pour autant et les blessures reçues me brûlaient les entrailles. J'ai clopiné jusqu'au bourg, non sans dégobiller deux fois en route. Les passants m'ont jeté de drôles de regards tandis que je me dirigeais vers l'auberge. Y en a même qui m'a dit d'aller au temple. Comme si j'avais que ça à faire de leur refiler ce qui reste de ma bourse. Nan, au lieu de ça, je suis rentré à la Chopine et le temps de grimper les escaliers, j'ai pu aller dans ma chambre et recoudre comme je pouvais mes plaies. Alors que je descendais demander un peu d'eau en cuisine, j'ai croisé Gronthar. L'était avec un ami elfe à l'allure étrange. Le temps de lui expliquer ce qui m'était arrivé et de lui assurer qu'il pourrait m'accompagner lors de ma prochaine chasse, je suis remonté m'effondrer sur mon lit. La nuit a été longue.
Le lendemain matin, j'étais pas bien vaillant. Mais j'avais du pas trop mal me débrouiller parce que je ne ressentais presque pas les blessures de la veille. Faut dire que ma chambre est tout confort aussi. Quand je suis ressorti, j'ai croisé Gronthar assez rapidement. Le temps d'échanger quelques mots, on s'est mis en route pour la chasse. Je nous menais au passage de la veille. J'espérais que le cougar y serait toujours et je n'ai pas été déçu. A deux, la tâche était aisée. Quelques hachettes et un bon coup d'épée ont eu raison du félin. Après ça, j'ai pris le temps de dépecer la bête et je crois avoir plutôt réussi. Le nain était enthousiaste. Il voulait continuer la chasse et profiter pour explorer un peu. Après tout "pourquoi pas" que je me suis dit.
On a continué en avançant vers le nord-ouest. Le coin semblait assez calme jusqu'à ce que Gronthar fonce tête baissée sur un groupe de gobelin, ce qui ne les a pas empêcher de me viser moi plutôt que lui. Une flèche dans mon avant-bras et une à la cuisse m'ont décidé à écraser ces nuisibles avec ma foutue lame. Ah comme je regrette ma hache. C'était pas un modèle de luxe mais je crois pas que je m'habituerai un jour aux épées… Je serai bien rentré à ce moment-là. Mes deux blessures n'étaient pas graves mais je suis pas adepte des infections. Mais bon, Gronthar, toujours aussi enthousiaste - évidemment c'est pas lui qui a joué les cibles de champ de tir -, voulait continuer. Alors on a avancé encore un peu. Et là, voilà pas qu'on aperçoit une araignée énorme. Elle faisait la moitié de ma taille et était donc presque aussi haute que le nain. J'étais pas bien chaud pour jouer les nettoyeurs mais alors qu'on en parlait avec Gronthar, elle a foncé sur moi. J'étais décidément en veine. J'ai failli me foutre en rogne. En fait, j'en ai même pas eu le temps. Quand elle m'a mordu le bras, j'ai tellement eu peur d'être empoisonnée que je lui ai collé un coup dans la poire. L'araignée a pas apprécié. Elle s'est écroulée direct.
Il était pas question de continuer. On est rentré. Assez rapidement d'ailleurs. Arrivé à Soirétoile, je voulais m'acheter un petit bouclier mais me manquait deux lions d'or. Gronthar m'a dépanné. Sympa quand même le petit. Par contre, j'ai aucune idée de la façon dont je vais pouvoir le rembourser. Après avoir acheté une targe de piètre qualité, je suis rentré à l'auberge où je devais retrouver le nain. La journée était encore loin d'être terminée et rapport à un défi d'Oswald, je cherchais un orque à égorger. Evidemment, Gronthar était partant mais il voulait absolument que la commune nous paye si on tuait quelques orques. J'étais assez sceptique, du coup je l'ai laissé allé à la maison communale et j'en ai profité pour piquer un petit somme. Quand je me suis réveillé, il était toujours pas revenu alors je suis parti à sa rencontre. Je tombe sur lui rapidement et il m'annonce fièrement qu'il a obtenu un contrat. A ce moment-là, je me maudis. J'ai presque plus de quoi payer ma pitance et c'est le genre de choses qui m'aideraient. Mais bon, quand il m'a dit une minute plus tard que la récompense, c'était pour tuer le chef orque, j'ai du me retenir de lui rire au nez. Aller seul à la chasse à l'orque me semblait assez hasardeux du coup j'ai joué les bons compagnons comme j'ai pu et on est parti au sud du bourg dans la forêt royale, parce que j'y avais aperçu deux sentinelles orques quelques jours plus tôt.
Manque de chance, pas moyen de mettre la main dessus. Alors, on a continué vers le sud et on allait traverser un petit pont quand la demi-portion s'immobilise en pointant du doigt deux arches sur une butte à quelques pas. Les types avaient une sale tête. Gronthar m'assure que ce sont des bandits et vu leur mine, je n'en doute alors pas une seconde. Et voilà pas que mon compagnon propose de les approcher discrètement. Un colosse et un nain essayer de jouer les aventuriers furtifs, c'est pittoresque et pas bien efficace. Le nain avait pas fait deux pas que les archers le voient et encoche leur flèche. Une chance que j'avais mes hachettes en main. Gronthar a pas eu le temps de réagir que j'avais tué les deux bandits. Je m'étais - encore - pris une flèche pendant l'échauffourée et j'ai décidé de rentrer : ça suffisait pour la journée et que ce Oswald aille au diable s'il était pas content.
Après ça, on est donc rentré. La maladresse du nain m'avait passablement énervé et je lui répondais que distraitement quand un garde lui fonce dessus et le tabasse jusqu'à ce que le nain s'effondre. J'ai bien voulu l'aider au début mais bon la milice sait ce qu'elle fait hein… Sans compter que je voudrais pas me mettre à dos Hondh. Gronthar se relève au bout de plusieurs minutes. Il allait commencer à m'expliquer ce qui se passait quand un autre dragon débarque et lui inflige le même traitement. Cette fois-ci, le petit s'est pas relevé et il a été porté au temple. J'ai récupéré quelques unes des affaires qui traînaient au sol et j'ai pris ça comme prétexte pour aller demander à Bran ce qu'il en était. Il a pas voulu me le dire. M'a sorti une histoire de plaisanterie entre Gronthar et Durthal, je crois. Ca m'a semblé louche mais comme j'apprécie Bran, j'ai changé de sujet pour discuter des bandits qui nous avaient attaqué. Il m'a expliqué que pas mal d'entre eux avaient élu domicile dans la région et que leur chef a son repaire dans la forêt. Encore un. Après ça, on a discuté de tout et de rien. Y avait eu une drôle d'histoire la veille. Auldo Morrim, celui-là même qui devait être jugé le jour même, avait été assassiné dans sa cellule ainsi que les deux dragons qui le gardaient. Les coupables étaient d'ores et déjà arrêtés mais l'affaire était encore inexpliquée.
Lorsque je ressortis un peu plus tard de la caserne, il faisait nuit. Dans quelques heures devrait avoir lieu la remise des trophées d'un concours de poésie auquel je me souvenais vaguement avoir participé. J'avais cependant le temps d'aller me changer et de boire un verre avant. Le temps d'enfiler une tenue un peu moins rustique que mon armure, je descendis dans la salle de la Chopine. Cet Ethan que Gronthar m'avait présenté la veille était assis au bar. Je m'installai près de lui. A ce que j'en ai compris, il est parti quelques temps en voyage et cherchait à se tuyauter sur les évènements récents. Voyant qu'il posait des questions sur la mine et les nains, j'en ai profité pour lui faire topo que je suis désormais habitué à déblatérer. Ca n'a pas eu l'air de l'enthousiasmer plus que ça et il a fini par m'interrompre en me disant qu'il partait pour la Lanterne Basse assister à la fameuse remise de trophée. Agacé, je le suivis néanmoins en espérant y voir Mélodie et en effet, la donzelle buvait un verre avec Maéa quand on entra. Après avoir échangé quelques politesses, j'ai pu enfin tâcher de convaincre Mélodie de m'accompagner dans la mine. Quand j'eus fini, elle m'annonça simplement qu'elle avait d'autres choses à faire en ce moment. Ethan fit de même sans que je lui ai demandé. C'est alors que la propriétaire des lieux fit l'annonce des résultats du concours. Je me rappelle pas vraiment ce que j'avais écris mais après avoir lu que le prix était de 50 lions d'or, j'espérais toucher le pactole. Evidemment, ce ne fut pas le cas. Ethan et Mélodie ont gagné le concours. Après la remise des prix, je me suis pas attardé. J'aurai bien collé aux basques de la prêtresse encore quelques temps pour la convaincre, mais je supporte pas la façon dont elle me regarde. J'ai toujours l'impression qu'elle me prend pour les derniers des abrutis et que je la dérange alors qu'elle a des affaires bien plus importantes à traiter."
Leandrys posa alors la plume en baillant mais après quelques instants, il la reprit en main et ouvrit le carnet en grommelant. "Je suis pas un simple abruti. Je suis juste un homme simple."
Leandrys vit alors les premiers rayons du soleil percer les fenêtres de l'auberge. Il remit carnet et plume dans le paquetage et s'empressa de regagner sa chambre avant de s'affaler sur son lit. |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:13 | |
| Le barbare tournait en rond dans sa petite cellule en prenant bien soin de ne pas s'approcher de la grille. Au début, il n'avait pu contenir sa colère et avait agrippé les barreaux comme s'il espérait pouvoir les tordre de la seule force de ses mains. Les duergars en avaient d'abord ri mais les cris de rage de Leandrys avaient fini par les importuner. Quelques uns, il n'avait pas eu le temps de les compter, étaient rentrés dans sa cellule et l'avaient passé à tabac pendant plusieurs minutes. Il avait compris la leçon et tâchait désormais de se contenir. Pendant un moment, il avait espéré que ses compagnons viendraient le délivrer mais au fur et à mesure que les heures passaient, son espoir s'amenuisait. Tout s'était passé si vite. A peine l'entrée franchie, ils leur étaient tombés dessus et la panique les avait tous gagné. Comment le leur reprocher. Une horde de nains gris en furie constitue un spectacle effrayant, d'autant plus lorsqu'on est la cause de cette furie. Le temps passait et dans sa cellule, pas une fenêtre. Impossible de savoir qui de la lune ou du soleil régnait alors sur les cieux. Leandrys perdit progressivement tout repère temporel et il lui sembla finalement que cela faisait des jours qu'il était là. Son dernier repas datait du matin du départ de l'expédition. O combien le lait chaud et les œufs frais lui semblait alors lointain. Seule une auge pleine d'eau croupie lui permettait de subsister. Pour oublier la faim qui le tiraillait, le barbare finit par s'asseoir et sortit de son paquetage son petit carnet. Il n'avait même pas pris la peine de lui enlever ses affaires.
"Mais qu'est-ce que je fous ici ? Je comprends pas. Quand j'ai senti que je n'avais plus la force de tenir ma hache en main, j'ai cru que la fin était venue et voilà pas que je me retrouve dans cette foutue cellule. Maintenant que je suis là, j'arrête pas de me demander ce qui a bien pu me passer par la tête quand j'ai accepté d'enquêter sur ce qui s'était passé à la mine de cuivre pour Hondh. C'est là qu'on voit à quoi mène l'appât du gain. Ca m'apprendra.
J'aurai savoir qu'il fallait pas que j'aille avec les trois donzelles explorer le coin. J'étais pas en veine ces derniers jours. Quand je repense à cette damnée chasse l'autre jour… J'inspectais tranquillement les abords de la forêt royale à la recherche d'une sentinelle orque isolée quand j'ai aperçu ces deux cerfs. La chance me souriait enfin. C'est ce que j'ai cru, ouais. Imbécile… Je cherchais un gué pour traverser quand j'ai vu ce sanglier. Il avait l'air costaud mais j'avais sur moi de quoi calmer ses ardeurs. Foutu orgueil. Je lui envoie quelques hachettes et je réussis à le toucher. Evidemment, la bête me fonce dessus. C'est fou comme une défense de sanglier peut faire mal. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, je me suis retrouvé couché au sol, prostré, essayant d'oublier la douleur qui me fouaillait le ventre. Au bout de quelques minutes bien trop longues à mon goût, j'ai fini par me relever. J'étais en piteux état et j'allais rentrer penaud quand j'ai vu le sanglier à quelques pas de moi. Il avait mal en point aussi, et pas qu'un peu. Une hachette bien placée et j'aurai suffisamment de cuir pour réparer mon armure et assez de viandes pour avoir enrichir Dunman pendant quelques jours. Ouais mais voilà, les haches, c'est pas fait pour être lancé visiblement. J'ai pas réussi à l'abattre avant qu'il me fonce à nouveau dessus. J'ai cru que j'allais pas réussir à me relever cette fois et quand j'ai fini par récupérer un peu, j'ai pas joué les fiérots une deuxième fois. J'ai ramassé mes affaires et je suis rentré aussi vite que mon état me le permettait au bourg.
C'est fou comme un truc pareil peut te miner le moral. A croire que je suis plus capable de chasser correctement. J'ai passé une bonne partie de la journée à panser mes plaies et à réfléchir, allongé sur ma couche. Finalement, je suis redescendu dans la salle de la Chopine. Y avait seulement Ethan qui traînait au bar. Il a pas fait attention à moi, visiblement occupé avec de la paperasse alors j'en ai profité pour me mettre à mon nouveau projet : la cartographie. Je suis pas aussi doué avec une plume qu'avec une hache mais je me débrouille. J'ai commencé à noter tout ce dont je me rappelais sur les environs et je suis ensuite sorti pour repérer les lieux de mes yeux. Jusqu'à ce que le soleil décline, j'ai traîné mes guêtres dans les alentours du bourg pour noter tout ce que je voyais sur ma carte. Le résultat était loin d'être artistique mais il était aussi fonctionnel qu'on peut le souhaiter. J'ai rangé ma carte et je suis rentré à la Chopine. Y avait Ethan et j'ai décidé que ce serait pas un mal que de faire un peu plus connaissance avec le bougre. Maintenant que j'y pense, c'est surtout moi qui ai parlé, mais bon, il m'a quand même l'air plutôt sympa comme type. Un peu plus tard, Mélodie a débarqué et voilà pas qu'elle me dit qu'elle est d'accord pour visiter la mine et Ethan confirme que lui aussi. J'avais vraiment pas envie moi, mais bon. Je pouvais pas me permettre le luxe de refuser d'y aller. J'avais suffisamment galéré pour trouver des compagnons les jours précédents. Alors, on s'est donné rendez-vous pour le lendemain matin et je les ai laissé à leur parlote avant d'aller profiter d'une bonne nuit de sommeil.
Le lendemain matin, j'étais le premier dans la salle. J'en ai profité pour prendre un déjeuner consistant. Pouce-Cailloux aime pas trop ça mais je suis resté à l'entrée de la cuisine pour l'observer faire. D'abord le lait, tiré le matin même évidemment. C'est un plaisir que les gens de la ville oublient trop vite. Quelques minutes dans la marmite avec quelques gousses de vanille et un peu de blé moulu pour lui donner de la consistance. Royal. Avec ça, une plâtrée d'œufs. Revenus pendant quelques minutes à la poêle. Je les aime brouillés. Je sais pas pourquoi. Certainement parce qu'il y a rien de mieux pour se marier avec quelques tranches d'épaule fumées. Et le jambon du coin est fameux, je suis un connaisseur. Enfin, un pain chaud. L'halfelin fait tout ça d'un air distrait. S'il savait quel bonheur elle m'apporte avec "ces petites broutilles" comme elle dit. L'inconvénient dans ces cas-là, c'est que la boustifaille disparaît trop rapidement de l'assiette. Il ne me restait plus que mon lait chaud quand Ethan a fini par arriver. Je l'ai savouré… J'ai bien fait… Par Ulutiu, ce que j'ai faim…
Mélodie a fini par montrer le bout de son nez et dans la foulée, Jaia aussi. Les choses se présentaient pas si mal finalement et j'en venais presque à ne pas rechigner à explorer cette satanée mine. On voulait partir le matin mais Ethan et Jaia avaient quelques affaires à régler. Je sais pas ce qu'ils ont bricolé dans la chambre de la prêtresse en haut mais ça leur a pris toute la matinée. Cache bien son jeu l'elfe. Enfin bref, on a fini par se mettre en route alors que le zénith était déjà passé depuis quelques temps. Le trajet jusqu'à la mine ne fut pas bien long et on est entré dedans armes en main. Pendant un temps, tout s'est bien passé. Je me rappelais vaguement des lieux et j'ai pu guider le groupe sans problême. Les lieux semblaient abandonnés. Le peu de créatures qu'on croisait ne ressemblait pas vraiment à des nains : spectres, striges, araignées ou encore scarabées. Saleté d'insectes. Je déteste ça. C'est petit, ça gicle quand on l'écrase et ça pue. Mais, le pire, c'est que certains sont vraiment dangereux. J'imagine même à quel point j'ai du paraître faible aux yeux des deux prêtresses quand je me suis effondré, victime de plusieurs morsures. Grâce à leurs soins, j'ai pu me relever mais pendant quelques temps, j'ai essayé de pas trop l'ouvrir. Une chance qu'il n'y ait rien à voir.
On a progressé dans la mine pendant quelques temps comme ça. On s'en sortait bien. Même le dévoreur de métal a succombé à nos attaques conjuguées. On est descendu au second niveau, puis au troisième, puis au quatrième. Et là, les choses se sont corsées. On sentait bien qu'on arrivait au fond de la mine. Mais, toujours aucune trace des ces imbéciles de nains. Alors qu'on entrait dans une sorte de salle, un duergar et une créature énorme nous foncent dessus. Je soulevais ma hache quand je vois que les autres étaient déjà en train de décaniller. Du coup, je les imite. Oui mais voilà, elle semblait tenace la bestiole. On s'est mis à l'attaquer de loin avec tout ce qu'on pouvait. Non sans un certain succès d'ailleurs. Tout aurait pu se passer parfaitement si j'avais pas fait l'imbécile. La créature rattrapait une des deux prêtresses. De suite, je prends ma hache en main et j'attaque la bête dans le dos. Le courage est une vertu d'idiot. Je sais pas ce qui m'a pris. Toujours est-il que dans l'instant qui suivit, je me suis pris une sacrée torgnole en pleine tronche et je me suis évanoui. Enfin, c'est ce que les autres m'ont dit : je me rappelle plus de rien. Quand je me suis réveillé, la bête était effondrée et mes compagnons guère en meilleure forme que moi. Mais on a continué. Les imbéciles.

On a fini par trouver l'accès au cinquième niveau. Des champignons, voilà ce qu'on y a vu. Incroyable. Mais de drôles de champignons évidemment. Du genre à avoir des bras et des jambes et à s'en servir pour attaquer le premier aventurier qui passe. Une chance qu'il ne soit pas difficile de les hacher. On a du en éliminer quelques uns avant de tomber sur deux nains. Enfin ! Par contre, ils étaient morts. Visiblement en défendant une espèce de barricade. Le temps de récupérer leur arbalète, on a emprunté le chemin que leur barricade semblait protéger. Je me rappelle plus qui a eu cette brillante idée. Peu importe après tout. Toujours est-il qu'au bout du chemin, les duergars nous attendaient et ils ont pas été tendres. Je me demande ce qui est arrivé aux autres. Je me demande pourquoi ils me gardent en vie. Mais qu'est-ce que je fous ici ?" |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:13 | |
| Comme souvent lorsqu'il se trouvait à la Chopine, Leandrys était affalé dans le sofa au coin du feu. A son arrivée dans le bourg de Soirétoile, il avait d'abord pris plaisir à s'installer dans un coin de la place du marché contre un vieux chêne. Le barbare nota avec cynisme qu'il devait s'embourgeoiser pour préférer s'installer près du feu, mais après tout, peut-être était-ce simplement que cela lui rappelait les soirées glacées de Delhalls. Le genre de soirée où il sortait sa plume et apprenait alors à écrire avec sa compagne. Leandrys écarta les tristes pensées qui l'assaillirent alors, et sortit son carnet.
"Moi qui ait toujours pensé que j'avais un genre de malédiction, j'ai l'air fin. Y a pas deux jours, je pensais mourir et me voilà à l'auberge, à m'arroser la panse à renfort de bières. Comme quoi…

Quand je relis la page précédente, j'ai envie de l'arracher. C'est fou ce qu'on peut être à l'ouest quand on a peur de mourir. N'empêche que j'ai toujours pas compris ce qui s'était passé. J'avais l'impression d'être dans ce cachot depuis des jours quand j'ai entendu des bruits de lutte pas loin. Les nains gris ont du sentir le coup fourré parce qu'il y en a un qui est entré dans ma cellule, une hache à la main. Cette raclure voulait me tuer et il s'en est fallu d'un cheveu pour que cela soit le cas je suppose. J'avais à peine la force de bouger mais le mouvement imperceptible que j'ai esquissé m'a vraisemblablement sauvé la vie. Bon, la hache m'a bien raclé le bide mais je respirais encore. J'entendais des bruits de plus en plus diffus de lutte quand la porte s'est à nouveau ouverte mais cette fois, c'était la cavalerie. Enfin façon de parler hein. J'étais étendu sur le sol dans un sale état et Ethan m'a aidé à me relever. J'étais tellement sonné que j'ai pas compris la moitié de ce qu'il me racontait. En gros, ils étaient venus me sauver. Le temps de récupérer mon paquetage, je boitais derrière l'elfe jusqu'en dehors de la cellule. Ferostil, Hondh et Mélodie arrivèrent dans les secondes qui suivirent. La prêtresse, voyant mon état, me soigna sans tarder, ce dont je lui fus gré. Je comprendrai jamais ce que ces gens bricolent avec la magie mais sentir ses blessures se refermer procure un étrange sentiment de plénitude. Et quand on se voyait mourir quelques minutes plus tôt seulement, c'est encore mieux. J'aurai bien serré toute la troupe dans mes bras tellement j'étais heureux. Les nains gris jonchaient le sol de la grande salle et mes compagnons ne semblaient pas blessés, du moins pas grièvement. Ils tiraient pourtant des têtes d'entraînement alors je me suis abstenu. Pas plus mal finalement. J'aurai eu l'air de quoi après ?
Evidemment, on s'est pas attardé dans le coin et j'avais rêvé tellement de fois de m'évader que le chemin était comme gravé dans ma mémoire. Au risque de passer pour un lâche, je fonçais tête baissée à travers les tunnels de la mine et malgré quelques poursuivants hargneux, on a pu regagné la surface. J'ai jamais adoré le soleil, certainement parce que je ne supporte pas la chaleur mais bon je n'ai jamais été aussi content de le voir que quand je suis sorti. Je crois pas que je rentrerai de nouveau dans une caverne avant longtemps. La surface me convient parfaitement. Et à mes compagnons aussi visiblement. Malgré quelques blessures, on a tous pu sortir. Le chemin jusqu'au bourg n'a été qu'une formalité ensuite. La nuit tombant, on s'est tous séparés en se donnant rendez-vous le lendemain. C'est marrant, je n'ai pensé qu'à un repas chaud pendant toute la durée du retour mais tout ce que j'ai fait en rentrant, c'est m'allonger sur ma couche et dormir. J'ai dormi moins que je l'aurai pensé. Après tout, mon emprisonnement n'a duré qu'un jour entier et pas toute une semaine comme je le pensais. Enfin bon, tout ça pour dire que je me suis réveillé de bonne heure et je n'ai eu qu'à descendre dans la grande salle pour me faire servir une bonne assiette d'œufs au bacon avec un bon verre de lait. Les autres n'ont pas tardé et on a pu commencer notre petite réunion.
Drôle de réunion, hein. Je pensais que les autres pourraient m'expliquer le fin mot de l'histoire, mais rien. J'avais l'impression que Mélodie était du genre à savoir plein de secrets et qu'Ethan était une espèce de savant mais rien. Hondh en savait à peine plus qu'eux. Tout ce qu'on a fait, c'est étaler quelques hypothèses sur cette histoire de nains. Ce qui était sûr, c'est que les mineurs étaient morts et qu'ils n'étaient peut-être pas de simples mineurs. L'endroit où les duergars se trouvaient ressemblait beaucoup à un sanctuaire, ou à un truc du genre. Peut-être qu'il y a quelque chose là-bas… Les autres voulaient soit condamner la mine, soit éliminer cette "menace". Je l'ai pas dit aux autres, mais pour moi, tant qu'ils viennent pas nous embêter, j'ai aucune raison de retourner dans ces horribles cavernes. Notre discussion touchait à sa fin quand j'ai vu que le capitaine me regardait. Avec ma capture, je pensais avoir ruiné toutes mes chances de gagner sa confiance mais visiblement, le fait que je me sois pas démonté a du lui plaire. Il m'a annoncé que je devenais à partir de ce jour le chef de la milice régulière de Soirétoile. Ca m'a un peu estomaqué sur le coup je dois dire, même si ma surprise semblait faible en comparaison de celle d'Ethan et Mélodie. Ils m'ont félicité mais j'ai lu quelque chose dans leur regard qui m'a pas plu. Je saurai pas dire quoi. Je me fais peut-être des idées. Enfin voilà, je me retrouve avec un solde et je devrais avoir un local si j'ai bien compris d'ici quelques temps. Reste à discuter de tout ça avec le capitaine. Les choses se passent plutôt bien ici. Ca a de quoi mettre de bonne humeur. Et comme cela ne devait pas s'arrêter là, j'ai même réussi à conclure un petit arrangement juste après avec Pouce-Cailloux. Il manque de viande pour la cuisine et moi je chasse : si c'est pas la providence qui nous a fait nous croiser, qui alors ?"
Sentant qu'il commençait à avoir des crampes dans les doigts, Leandrys ferma son carnet, rangea sa plume, referma la fiole d'encre, et rangea le tout dans son sac. N'ayant guère envie d'aller chasser dans l'immédiat, il se plongea alors dans une silencieuse contemplation de Norema, qui s'affairait alors dans la salle, et finit par s'endormir, un sourire béat sur les lèvres. |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:14 | |
| Leandrys rentrait à la Chopine, plutôt content de lui, malgré les quelques mésaventures de la journée. La nuit était déjà bien avancée mais le barbare n'avait guère envie de se coucher. S'il avait quitté Mélodie et Aliandre, c'est surtout parce qu'il ne se sentait pas à l'aise en présence de la jeune femme. Aussi s'installa-t-il confortablement sur son lit quand il arriva dans sa chambre. Pendant un moment, il laissa ses pensées vagabonder, tentant de se rappeler chacun des évènements ayant animé les journées précédentes. Au bout de quelques minutes, il sortit son carnet et commença à écrire.
"Y a des jours, on se lève et on sait que la journée va bien se passer. Avant-hier était un jour de ce genre. Je suis sorti de la chopine au petit matin, avec ma hache, mon arbalète et mon dépeceur. J'avais du gibier à trouver pour Pouce-Cailloux. Même si ça m'enchantait pas vraiment, je savais qu'il fallait que j'aille dans la Forêt Royale. J'ai marché quelques temps tranquillement guettant le moindre bruit dans les bois mais visiblement les animaux du coin sont des lève-tard : j'ai pas croisé le moindre écureuil avant d'arriver près des rives de l'Etoilée. Finalement, j'ai fini par me retrouver à l'endroit même où j'avais failli clamser quelques jours auparavant et comme s'il m'attendant ce sanglier, parce que je suis certain que c'était le même, m'attendait. J'ai pas hésité longtemps avant d'encocher un carreau mais faut croire que je suis aussi maladroit avec ça qu'avec des haches de lancer. J'ai du laisser tomber et me résoudre à combattre la bête au corps à corps. Mais, ça ne s'est pas passé comme la dernière fois : là, j'avais une hache… Le sanglier m'a bien blessé à la jambe avec ses défenses mais c'était juste avant que je lui fracasse le crâne. Je tenais ma revanche. Et de quoi contenter Pouce-Cailloux au passage. Enhardi par ma victoire, je me suis mis en tête de rechercher un gué pour tenter de mettre la main sur les cerfs que j'avais aperçu l'autre jour sur la rive sud de l'Etoilée.
J'ai marché pendant quelques temps avant de trouver ce que je cherchais mais ça me dérangeait pas vraiment. D'une part, parce que ça me permettait de compléter la carte que je suis en train de dresser. D'autre part, parce que je suis tombé sur un coin intéressant. Alors que je marchais vers l'Est, j'ai découvert une vieille cabane au milieu des bois. Le genre abandonné depuis des lustres. Un petit paradis. Alors que j'y piquais un petit somme, je me suis mis à rêver que ce fût ma tanière. Après ça, j'ai marché encore un peu mais arrivé dans un drôle de coin, je me suis dit que c'était pas bien futé de s'enfoncer dans les bois comme ça tout seul. J'ai rebroussé chemin : tant pis pour les cerfs. J'étais revenu à la hauteur de la cabane quand j'ai senti un carreau fendre l'air à l'endroit où j'étais une seconde plus tôt. Un rapide coup d'œil me permit d'apercevoir deux orques en faction sur une petite colline. La hache à la main, je fonçais sur eux en hurlant. Bon, ça les a pas déstabilisé mais leur arbalète n'a pas pu faire grand-chose face à mon hachoir. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ils agonisaient au sol. Je les observai d'un air satisfait et me rappelant d'un défi que m'avait lancé Oswald, je coupai la tête de l'un d'eux avant de l'envelopper dans un tissu pour pas saloper mon sac. Autant dire que j'étais franchement content de moi. J'avais plus qu'à rentrer en ville et ça aurait été tout seul si deux autres orques avaient pas décidés de me tendre une embuscade, à seulement quelques pas du bourg en plus. Malheureusement pour eux, j'étais en veine. Je les ai laissés là, ça donnera de quoi manger aux loups.
Une fois arrivé au bourg, j'avais quelques bricoles à régler. Je suis d'abord aller voir le cuisinier de la Chopine pour lui refiler la viande que j'avais récupérée. Pouce-Cailloux sembla enchanté : ça m'a valu trois lions d'or et la promesse d'un bon repas. Je suis allé voir ensuite le capitaine. Fallait qu'on parle de la milice. Je savais pas trop quoi dire en fait. C'est moi qu'avait parlé de former un truc du genre mais quand Hondh m'a demandé quel serait son rôle, j'ai du avoir l'air fin. Une chance qu'un éclair de lucidité m'ait frappé : ça m'arrive rarement pourtant. Enfin bref, je lui ai présenté la chose comme une façon d'éprouver les jeunes qui voudraient entrer chez les Dragons Pourpres. Les temps sont suffisamment agités pour qu'on évite si possible d'avoir des incapables chez les Dragons. Une milice constituée de bleus permettrait de décharger l'armée des affaires peu importantes du quotidien et lui éviterait d'abandonner sa surveillance du bourg pour les missions lointaines. Le capitaine semblait emballé quand on a soudain entendu quelqu'un brailler dans la caserne. Deux secondes plus tard, un Dragon entrait et fit le récit, essoufflé, de la fuite d'un prisonnier, détenu au temple. Je m'étais pas trop tenu au courant de l'affaire mais visiblement le fugitif en question était un des deux loustics qui avaient voulu s'en prendre à Tzin, tuant des Dragons Pourpres au passage. Evidemment, le capitaine était furieux. Une battue serait organisée le lendemain et Hondh me demanda d'y prendre part. Il me congédia ensuite, reportant notre discussion à une autre fois.

Sur le moment, je l'ai eu mauvaise. Mais bon, c'est pas comme si j'avais été vraiment pressé et de toute façon, le capitaine semblait apprécier mon idée. Autant ne pas le brusquer. La nuit s'approchait alors à grand pas et je me suis dit que ça faisait longtemps que j'avais pas fait un tour à la Lanterne Basse. Peut-être même bien que Jaia serait dans les parages. Ouais, mais voilà, la dernière fois que j'y étais allé, un imbécile avait ricané en voyant ma tenue. Comme j'avais, pour une fois, quelques pièces en poche, je suis allé chez le tailleur. Un drôle de type. Pas du genre que j'aime et c'était apparemment réciproque. Enfin bon, c'est pas comme si ça m'avait gêné. Je voulais un truc pour avoir l'air un peu mieux fagoté et pas me cailler les miches cet hiver. Il m'a proposé une tenue de chasseur. Un truc affreux, genre avec le chapeau et la plume, et des manches courtes par-dessus le marché. Ca m'a pris quelques temps pour lui faire comprendre ce que je voulais mais je crois bien qu'il a saisi le message. Faut que je passe récupérer ça dans deux jours. Pour le coup, j'ai du aller avec ma tenue pouilleuse à la Lanterne.
Dès que je suis entré, je l'ai aperçue. On aurait limite envie de se faire ordonner prêtre de Sunie, en la voyant des fois. Je sais pas où elle s'était dégottée sa nouvelle tenue mais c'était plutôt dans le genre charmant. J'ai pris un pichet d'hydromel et elle s'est assise avec moi comme il n'y avait pas beaucoup de monde. On a discuté comme ça pas mal de temps. De mon sauvetage d'abord et de l'histoire des nains en général. C'est pas comme si ça m'avait ravi de parler de ça mais je passais un moment agréable.

Au bout d'un moment, y a le petit, Germain, qui est entré. Je l'avais croisé en sortant de la caverne et j'en avais profité pour l'avertir de la traque prévue le lendemain. En tant que jeune recrue, il y était convié. Il m'avait pas l'air d'être un mauvais bougre, malgré sa taille et mon impression s'est confirmé lorsqu'il nous a rejoint à notre table. On a blablaté pendant un moment, de la milice surtout, puisque ça semblait l'intéresser. Quelques heures plus tard, on est tous partis de notre côté pour se coucher.
Après une bonne nuit de sommeil, le petit et moi sommes allés attendre devant la caserne. Férostil s'est fait désirer mais il a fini par arriver un peu avant midi. On s'est mis en route rapidement. Il ne fallait pas perdre plus de temps. On recherchait un gnome aux cheveux ébouriffés. Tu parles d'une description. Toujours est-il qu'arrivé près de l'Etang de la main rouge, un loup nous attendait. Manque de bol, on était trois et bien armés. Il a pas eu le temps de dire ouf que je l'avais dépecé. Quelques secondes plus tard, une espèce de demi-portion apparut devant nous. Le genre fier-à-bras. Le genre que j'aime pas. Férostil lui a posé quelques questions de routine et voulait continuer. Le loustic me paraissait louche alors j'ai pris le Dragon Pourpre à part pour lui dire deux mots. La coïncidence était douteuse : on tombait sur un petit homme, disparu depuis quelques temps, à l'endroit même où le gnome était censé s'être dirigé. On me reproche tout le temps de pas être subtile mais y avait pas besoin de l'être là pour voir que c'était louche. On a donc embarqué ce Alton pour le ramener au capitaine, non sans qu'il nous assaisonne pendant tout le trajet. On a croisé Mélodie en route qui nous a confirmé que le petit était un aventurier émérite du bourg et lui avait rendu maintes fois rendu service. Ca sentait le vinaigre.
Quand on est arrivé, le capitaine attendait et y avait une espèce de bellâtre dans le coin aussi. Avec le petit qui ne cessait de geindre, on aurait dit un spectacle de foire. Malheureusement pour moi, Hondh confirma de suite que j'avais fait fausse route : Alton ne pouvait être soupçonné. Même après que j'ai discuté un moment avec lui, le capitaine maintint sa position. Sachant que je l'avais mis dans une position pas confortable, je lui ai proposé de rejeter le blâme sur moi mais il a tenu à me défendre. J'ai rien dit sur le moment mais je suis bien content qu'il l'ait fait. Il a expédié l'affaire rapidement en renvoyant tout le monde dans ses pénates. De toute façon, le prisonnier devait être bien loin maintenant. Après que les autres furent partis, je suis resté avec Hondh pour finir notre discussion de la veille. Les détails principaux étaient réglés alors on a abordé les questions annexes comme le solde, l'équipement ou une éventuelle base pour la milice. Mais visiblement, le capitaine lui-même n'avait pas pu régler ces questions. En tous les cas, le rôle de la milice était défini et j'en étais le chef, ce qui n'était pas pour me déplaire après tout. J'ai quitté la caserne peu de temps après. Je l'aime bien ce capitaine au prénom incompréhensible. Comme il l'a dit, je pense qu'on va faire du bon boulot ensemble.
Une fois sorti, j'ai cherché Mélodie. En effet, lorsque j'eus posé quelques questions à Hondh sur la cabane au bord de la rivière, il m'a orienté vers elle, l'intendante du bourg. J'ai pas mis longtemps à la trouver. Elle était à la Lanterne Basse, en compagnie de ce Alton et du bellâtre aperçu plus tôt, Aliandre, qu'il s'appelait. Plus sèchement que je l'aurai voulu, je demandai à lui parler seul à seul. Rapidement toutefois, elle détendit l'atmosphère et on a pu discuter tranquillement. Au final, elle m'a promis de trouver rapidement à qui appartenait la cabane en question. Je suis resté un peu ensuite à discuter avec elle et Aliandre. Lui aussi s'était engagé chez les Dragons et de fait, il devenait une des "jeunes recrues" que je devais former. Il m'a posé pas mal de question : le genre consciencieux. Consciencieux et bigot. Il m'a vite fatigué avec des tirades sur la grandeur du seigneur du matin. J'ai décidé de rentrer un peu plus tard à la Chopine."
Leandrys relut rapidement les quelques pages qu'il venait de griffonner et esquissa un sourire satisfait car, à n'en pas douter, il faisait des progrès en écriture, ou du moins le pensait-il. |
|  | | Leandrys

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 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:14 | |
| "Encore deux drôles de journées. C'est marrant comme on a tendance à penser que le pire est toujours derrière nous. Le destin se charge en général assez rapidement de nous ramener sur terre. Comme d'habitude, tout avait plutôt bien commencé. En milieu de journée, je m'étais rendu à la maison communale pour voir Mélodie et après avoir fini les quelques tâches dont elle s'occupait alors, elle m'avait reçu. C'est allé assez vite. Elle savait tout ce que je lui avais demandé. La cabane appartenait au bourg depuis quelques années déjà parce que le dernier propriétaire l'avait abandonné. Par ailleurs, vu l'état général des lieux, elle ne me coûterait qu'un lion d'or symbolique. Mélodie semble penser qu'il y a beaucoup de travaux à faire mais peu m'importe. Après des années d'une vie nomade, c'est la première fois que je possède un "chez-moi". Pour le reste, je me débrouillerai plus tard.
Je laissais alors l'intendante à son travail et sortit avec l'intention d'aller chasser le loup au Nord. Dans les ruelles du bourg, je croisais Aliandre et acceptais qu'il m'accompagne lors de mon expédition près des Gorges de l'Etoilée. Sa présence ne me ravissait pas particulièrement mais du moins pensais-je alors que ça me permettrait de juger le caractère du bonhomme. Y a rien de tel qu'un bon combat pour se faire une idée précise du caractère de quelqu'un. Si j'avais su à ce moment-là que je serai bien trop occupé à éviter de clamser pour l'observer, j'aurai bien ri. Toujours est-il qu'après avoir prêté une lame et un écu au bougre, on se mit en route. Le trajet n'était pas bien long mais je profitai néanmoins de ce dernier pour donner quelques tuyaux à mon compagnon.
Nous sommes arrivés assez vite dans les Gorges et alors qu'on discutait stratégie, voilà pas qu'une espèce de créature volante passe à côté de moi pour rejoindre l'autre rive. Sur le coup, je fus tellement ébahi que je réagissais pas ou du moins pas de suite parce que quand je vis cet aigle immense attaqué la créature, mon sang ne fit qu'un tour. Quelques secondes plus tard, l'aigle gisait au sol avec deux de mes carreaux dans la panse. Je regrettai à haute voix de ne pas pouvoir récupérer les plumes du rapace quand la créature en arracha deux pour les déposer à mes pieds ensuite. J'eus le temps de l'observer durant son manège : c'était un tressym ou chat ailé, une créature, paraissait-il, fréquente dans la région. Première fois que j'en voyais et c'était suffisamment beau pour m'ôter toute envie de récupérer sa fourrure. Dans un élan de niaiserie, je pensais que Jaia aurait peut-être aimé voir ça.

Alors qu'on avait repris notre marche, je décidai de faire un détour par les Rocterres, où j'avais aperçu il y a quelques temps un cougar. Mais passé le défilé, aucune trace. Il fallut pousser à l'ouest pour retrouver ses empreintes. Paré au combat, on avançait à pas de loup lorsque le cougar est soudainement apparu à quelques pas de nous pour me bondir dessus ! Je l'aime bien ma faucheuse, enfin la hache de Gronthar. Mais pour se défendre des coups de griffe d'un félin, y a mieux. Non seulement, je n'arrivais absolument pas à me défendre, mais en plus impossible de lui asséner un bon coup sur le crâne. Tout se passa très vite. Aliandre, profitant que la bête semblait avoir trouvé en moi un repas parfait, frappe de taille et d'estoc plusieurs fois avant qu'elle finisse par s'effondrer au sol. Le problème était que moi-même, j'étais au bord de tomber dans les vapes. Haletant, dégoulinant de sang d'un peu partout, je n'avais même pas la force de dépecer le cougar, au pelage pourtant magnifique. C'est à ce moment que je me rendis compte qu'en plus, la nuit tombait. J'avais oublié que l'hiver approchait et le seigneur du matin se couche tôt à cette époque de l'année : quelle lavette ! Aliandre me proposa une de ces potions de soin. Malgré sa bonne volonté évidente, je savais à quel point de telle denrée était précieuse et je refusais catégoriquement : je m'étais fourré dans ce pétrin tout seul alors pas question de jouer les poids morts.
J'étais vraiment dans un état lamentable et j'avais du mal à marcher. Le retour s'annonçait périlleux. Quand je pense que j'ai joué au malin quand on est parti en énumérant les quelques règles qu'un bon chasseur se doit de suivre… J'avais oublié une des plus importantes : chasser uniquement le matin. D'abord parce ça évite de se faire surprendre par la nuit et on bénéficie d'une visibilité parfaite. Ensuite, parce que c'est à la tombée de la nuit que la plupart des prédateurs sortent se nourrir. Comment s'étonner de la férocité de ce cougar ? Et ce n'était pas tout… Alors qu'on sortait du défilé des Rocterres, on entendit les hurlements de loups. La lune était désormais haute dans le ciel et si j'avais un peu récupéré de mes blessures, je me voyais mal survivre à un autre combat. Evidemment, quelques instants plus tard, un loup nous fonça dessus ou devrais-je dire me fonça dessus… Par je ne sais quelle chance, je trouvais la force de lui coller deux bons coups de hache dans le gosier. Enhardi par cette rapide victoire, je dépeçais rapidement la bête, mais c'était oublier un peu vite mes blessures… L'effort m'épuisa plus qu'autre chose et la fin du trajet fut un véritable calvaire.
Arrivé enfin à la Chopine, je demandais à Aliandre d'aller quérir Jaia ou Mélodie pour m'aider à me remettre. Je doutais pouvoir me remettre des mes blessures par ma seule robustesse. Une fois dans ma chambre, je ne me souviens de pas grand-chose. Le temps de me débarrasser de mes affaires, je m'affalai sur mon lit, ne me préoccupant aucunement du sang qui se déverserait dessus. Je me suis réveillé le lendemain matin en pleine forme : mes blessures étaient parfaitement guéries. L'œuvre d'une des deux prêtresses certainement. Je me trempais rapidement dans un bac d'eau pour enlever les croûtes de sang séché qui jalonnaient mon corps. Ainsi requinqué, je descendis prendre un petit déjeuner bien mérité dans la salle. Jaia, puis Aliandre me rejoignirent rapidement. Je ne manquais pas de les remercier tout deux. Après tout, même si ça me contrarie de l'avouer, je ne serais peut-être plus de ce monde sans leur intervention.

Décidé à oublier rapidement cette chasse peu glorieuse, je me rendis chez le tailleur pour récupérer ma commande. Le résultat était presque à la hauteur de mes attentes. Les couleurs un peu voyante et il manquait quelques sacoches à la ceinture mais je m'en satisfaisais : je pouvais désormais affronter l'hiver sans problème. J'avais dit à Jaia que j'irai faire un tour dans sa nouvelle chapelle. Je sais pas trop pourquoi d'ailleurs. Je la croisais en chemin, ainsi que Mélodie. Le temple se trouvait à l'entrée est du bourg. Sympa comme endroit ou du moins typique d'un temple sunite je suppose. Un endroit dédié à la femme en quelque sorte et j'étais pas vraiment à l'aise. C'est surtout les statues qui m'ont fait une drôle d'impression. Chacune représentait une des figures traditionnelle féminine : la mère avec son nourrisson, la vierge cachant son visage et la catin offrant son corps - en l'occurrence, sur l'autel principal, puisque c'était Sunie qui était représentée -. Je restais perplexe devant cette trinité pendant quelques instants, m'abstenant de faire remarquer la chose aux deux jeunes femmes. Après tout, c'est pas le genre de réflexion qu'on attend dans la bouche d'un ignorant comme moi. Pendant les minutes qui suivirent, Jaia me taquina légèrement, sous l'œil moqueur de Mélodie, pour que je vienne prier dans sa chapelle. Comme si j'avais besoin de ça.
Sentant que je commençais à m'énerver, je laissais les deux prêtresses et j'allais voir le charpentier Roarel, histoire de lui parler de ma cabane. Il était en train de bâtir une palissade au sud du bourg : une bonne chose. Je lui touchai deux mots du problème qui m'amenait et il me promit de faire un tour avec moi sur place pour me dire combien je devais m'attendre à débourser. Avec un peu de chance, d'ici quelques temps, j'écrirais dans ce carnet, confortablement installé dans ma cabane.
La nuit était encore loin de tomber mais Leandrys s'allongea sur sa couche après avoir rangé ses affaires. Ressassant les évènements de la journée, il se mit à réfléchir à ce que lui avait dit Jaia. Et si après tout, lui aussi avait besoin de sa propre déesse sur qui compter ? |
|  | | Leandrys

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 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:14 | |
| "C'est marrant comme à force de vivre de drôles de journées, on s'ennuierait presque lorsque la vie suit simplement son cours. Enfin, évidemment, je dis pas "presque" pour rien. A peine levé, je décidais d'aller faire un tour jusqu'à ma cabane, histoire de voir là-bas si j'aurai pas quelques idées d'aménagement. En chemin, je croisai un sanglier mais je n'étais guère d'humeur à jouer les chasseurs. Lui si par contre : quelques minutes plus tard, j'entendis sa charge furieuse derrière moi. Heureusement que j'avais ma hache en main. Dans le même temps qu'il me labourait les jambes avec ses défenses, je m'occupais de sa caboche. J'ai réussi à le faire plier avant moi mais il s'en est fallu de peu. J'ai traîné sa carcasse jusqu'à ma cabane qui se trouvait seulement à quelques pas et j'ai pris le temps de panser mes blessures à l'intérieur. Mon armure était dans un piteux état. D'ailleurs, à ce rythme-là, elle va pas faire long feu.
Quelques heures plus tard, après m'être rapidement reposé en songeant à ce qu'il faudrait que je fasse pour rendre la cabane habitable et avoir dépecé la bête, j'ai pris le chemin du bourg mais en cours de route, j'ai changé d'avis. Faut dire que deux orques en embuscade à seulement quelques pas du village, ça avait de quoi piquer ma curiosité. Du coup, j'ai obliqué en direction du sud après m'être occupé de ces deux déchets. J'ai fouillé un peu les marécages qu'il y avait dans le coin, mais à part des araignées et quelques maladies, il ne semblait pas y avoir grand-chose à attraper. Les bottes pleines de tourbe, je me suis donc enfoncé plus avant dans la forêt royale. Comme d'habitude, les lieux semblaient très calmes. J'en ai donc profité pour compléter ma carte de la région. Pendant un temps, y a pas eu de soucis et on pourrait même dire que les lieux étaient paisibles… Du moins jusqu'à ce que j'aperçoive deux archers avec la même tunique que ceux qui m'avaient attaqué avec Gronthar sur le pont de l'Etoilée. J'étais persuadé qu'ils m'avaient aussi vu mais ils ont continué à patrouiller. Je suis resté un certain temps à les observer : ils devaient sans doute garder quelque chose mais pas moyen de voir quoi.
J'aurai pu rebrousser chemin à ce moment-là. Certainement que j'aurai du d'ailleurs. Mais je craignais qu'ils n'attendent que ça pour cribler mon dos de flèches. J'ai donc fait la seule chose sensée qui me soit venu à l'esprit : leur foncer dessus en hurlant. Ca a du faire son effet parce qu'un des deux a pris ses jambes à son cou. Je voulais pas qu'il aille prévenir ses petits copains que je me promenais dans le coin alors c'est sur lui que ma hache s'est abattu en premier. Si Gronthar savait à quel point son hachoir est efficace… Le bandit ne s'en est pas remis. J'esquissai un rictus de satisfaction lorsque que je sentis une flèche dans ma cuisse : qu'est-ce qu'ils avaient avec mes jambes aujourd'hui ? Je me retournai vers le tireur, avec toujours ce même sourire carnassier aux lèvres. Le pauvre a été tellement effrayé qu'il n'a pas été capable d'encocher sa flèche avant que j'abatte ma hache en plein milieu de son front. On a beau dire qu'il y a pas besoin de faire dans la précision avec une arme pareille, le résultat est toujours impressionnant pour peu qu'on le fasse.

Après avoir nettoyait le sang qui maculait mon armure, je grimaçai en pensant à l'odeur que je devais dégager et résolus de me baigner à la première occasion. Par chance, j'ai réussi à sortir de la forêt une dizaine de minutes plus tard et j'ai pu prendre le temps de me laver dans une rivière qui se trouvait seulement à quelques pas de l'orée.
Considérant que j'avais suffisamment vadrouillé pour la journée, j'ai voulu retourner au bourg. J'étais pas au bout de mes peines… Première fois que ça m'arrivait depuis que je suis dans le coin : je me suis perdu. Et comme je fais jamais les choses à moitié, j'ai bien du passer cinq ou six heures à essayer de retrouver le chemin de Soirétoile. En désespoir de cause, je décidai de rebrousser chemin. Une chance qu'il y ait eu personne pour voir ma mine déconfite à ce moment-là.
J'ai fini par réussir à rentrer, pas bien fier de moi ni de très bonne humeur d'ailleurs. A la Chopine, un drôle de type discutait avec Aliandre et Germain. Je me suis assis un moment avec eux mais le bougre m'a rapidement fatigué, à force de se lancer dans des discours sans queue ni tête. Après m'être entretenu rapidement avec Aliandre, qui semblait se méfier du mendiant, je le laissais surveiller ce Jayth pendant que j'allais à la caserne, où j'avais quelques affaires à régler. Une fois dans le bureau du capitaine, tout s'est passé assez vite. Flaergan est pas du genre à s'étendre. Il m'a d'abord annoncé que la milice tenait sa première mission : on doit escorter un mage du coin, Marimmar, dans une drôle d'expédition qu'il doit mener pour la ville. Une histoire de pierre-tonnerre… J'ai pas tout compris. On aurait du s'en occuper ce matin mais il avait pas fini ses préparatifs. Le problème de l'équipement des miliciens a également été réglé. J'ai bien essayé de nous obtenir une espèce d'armure pour le service mais le capitaine m'a rapidement remis à ma place. Y en aura peut-être pour dire que je demandais ça juste parce mon armure est dans un piteux état, mais même pas…Tant pis.
Avant que je parte, le capitaine m'a remis une espèce de bague étrange, genre magique. Grâce à elle, je pourrai créer une lumière vive autour de moi de temps en temps. Ca m'avait pas l'air bien intéressant mais Hondh avait l'air d'y tenir alors j'ai accepté. Paraît-il que tous les Dragons Pourpres en ont une. Bien ma veine ça."
Leandrys reposa sa plume.
La fin de la journée précédente n'avait rien apporté de plus, si ce n'est quelques pièces pour la viande de sanglier qu'il avait ramenée à Pouce-Cailloux et une nouvelle discussion stérile avec Jayth. Le lendemain matin, ils avaient attendu le mage plusieurs heures en vain et s'étaient séparés lorsqu'ils avaient appris qu'il ne viendrait pas. La mission était reportée. D'humeur morose, le barbare avait regagné sa chambre et s'était mis à écrire. Comme toujours, il ne savait pas pourquoi il faisait cela ou du moins ne comprenait-il pas que c'est grâce à ça que son esprit était ensuite en paix.
Midi venait de passer. Leandrys bailla et s'allongea sur sa couche pour une petite sieste. |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:15 | |
| Leandrys rentra dans la Chopine en claquant la porte, ignorant les remontrances de Dunman, Helm et des clients. "Qu'ils aillent au diable !" pensa-t-il. Arrivé dans sa chambre, il lança violemment sa hache et son paquetage au sol puis s'installa au bureau sommaire qui meublait la pièce. Il resta ainsi prostré de longues minutes, les poings serrés. Enfin, le barbare exhala un long soupir et enleva son armure pour tenter de réparer les dégâts causés par Jayth et ces maudits orques. Par chance, il avait quelques pièces de cuir dans ses affaires et put la rapiécer, grossièrement du moins. Cela lui permit de recouvrer tout son sang froid et après mûre réflexion, il décida que le moment était parfait pour écrire dans son carnet.
"Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Je me plaignais il y a quelques jours du calme et voilà pas que j'ai failli mourir tantôt. Tout s'est passé si vite, j'en ai du mal à me rappeler ce qui s'est vraiment passé ces deux derniers jours. Pas que je confonde mes délires d'agonie avec la réalité mais bon. Ce type d'évènements, ça a le chic pour tout chambouler.
Je crois qu'hier, j'ai pas fait grand-chose. Enfin… J'étais parti chasser de bon matin le long des gorges de l'Etoilée mais j'ai fait brocouille comme on dit par chez moi. Plusieurs heures à marcher et tout ça pour rien. Du coup, comme je le fais de temps en temps en ce moment, j'ai simplement continué à marcher, à flâner comme le premier elfe venu, à profiter du coin en ajoutant quelques annotations à ma carte de la région. Ma promenade fut plutôt agréable, d'autant que j'ai découvert des coins dans lesquels j'avais jamais mis les pieds auparavant, notamment une futaie particulièrement paisible.

J'allais d'ailleurs du calme pour m'allonger sur un tapis de mousse près d'un vieux saule lorsque j'ai aperçu l'ombre d'un grand manoir. A quoi bon être chef de la milice si on peut pas se faire offrir un repas de temps à autre par les gens du coin. C'est ce que je me suis dit en allant toquer à la porte. J'ai attendu un moment sans qu'aucune servante bien en chair ne vienne m'ouvrir l'huis, un sourire entreprenant aux lèvres.
Un peu déçu, je suis reparti sans faire la moindre sieste finalement. Cette histoire m'avait donné faim. J'ai donc rebroussé chemin jusqu'à la grande route pour regagner Soirétoile. Comme si j'étais pas assez contrarié, deux sagouins m'ont pris pour une cible mouvante avec leurs arcs. Quand j'ai reconnu la tenue qu'il portait, que j'avais déjà vu sur des brigands du coin, j'ai pas hésité à leur asséner quelques coups de hache. Ma faucheuse… Enfin, ma nouvelle hache, parce que comme je le craignais depuis quelques jours, Gronthar était venu réclamer son arme. De mauvaise grâce, je lui avais rendu, en même temps qu'une armure en piteux état. Cet imbécile n'avait ensuite rien trouvé de mieux à faire que de me demander à adhérer à la milice ! Il venait presque de me voler ce que j'avais de plus précieux au monde ! Une chance pour lui qu'il y ait eu Aliandre à côté. J'ai réussi à me maîtriser et j'ai expédié la discussion assez rapidement. En fait, j'espérais bien que le nain vienne renforcer les rangs de la milice donc j'ai pas fait trop de difficultés pour lui donner les quelques réponses qu'il demandait. C'est le premier milicien que j'embauchais moi-même, Germain et Aliandre ayant été mis sous mon commandement par Flaergan. J'ai du avoir l'air fin à hésiter sur la manière de procéder. J'me demandais s'il fallait pas l'adouber ou une autre niaiserie du genre. De toute façon, j'avais plus de hache, la question était réglée. Je devais d'ailleurs allé voir le forgeron, donc je les laissais au bar de la Chopine avec la ferme intention de trouver une bricole qui me convienne chez Durthal. J'ai eu de la chance. Non seulement, j'avais les moyens d'acheter ce que je voulais mais en plus, la hache était en bien meilleure état que celle de Gronthar. Je suis juste embêté pour lui trouver un petit nom. Faucheuse, c'était le nom de l'ancienne. Enfin bref… Je nettoyais ma hache, les deux cadavres de bandits gisant à mes pieds lorsque je me suis dit que ces imbéciles devaient être originaires du coin et peut-être quelqu'un les connaissait-il en ville. Ramener les deux m'était impossible. J'en ai collé un dans un trou rapidement creusé, puis recouvert avec quelques mottes de terre. Avec l'autre sur l'épaule, je suis rentré au bourg.
C'est fou comment la vue du sang d'un homme peut te rendre effrayant. J'ai pas compris de suite pourquoi les villageois me lançaient de drôles d'œillades. C'est seulement quand j'ai vu la traînée de sang qui me suivait que je me suis rendu compte que j'avais une bonne partie de l'armure recouverte par une couche de sang visqueux. Les inconvénients des haches ça. Ca peut pas avoir que des avantages, faut dire. Me voilà donc arrivé à la caserne où je me déleste du poids mort. Manque de bol, Bran semblait mal luné. Il a pas fallu une minute pour qu'il m'ordonne de sortir. Genre j'allais salir le parquet de la caserne. J'ai croisé Aliandre et ce Jayth dehors alors que je me demandais que faire de ce satané corps : mon idée était pourtant bonne mais je me retrouvais avec un cadavre dont je savais pas trop quoi faire. L'idée de le porter hors du bourg et de l'enterrer comme l'autre ne m'attirait pas vraiment. En voyant Aliandre, j'ai eu le déclic : il me suffisait de le déposer au temple de Lathandre et ces bons prêtres s'en occuperaient ! Le jeune milicien semblait enchanté par mon idée. Jayth nous observait visiblement d'un œil narquois mais c'était le cadet de mes soucis. On a donc marché jusqu'au temple de l'aube, ou je sais pas comment ils appellent ça. Aliandre est allé parler au chef des lieux, Myrkyr je crois. Ca a pris quelques temps. Du coup, j'ai déposé le corps. J'ai aussi essayé de me laver un peu dans le bassin de la pièce mais j'ai bien senti les regards hostiles des prêtres du coin donc je suis retourné m'asseoir à côté du cadavre. J'ai somnolé pendant un petit moment avant qu'Aliandre ne réapparaisse avec Myrkyr. Jayth se trouvait également dans le hall, assis dans un coin. Le prêtre m'a demandé pourquoi j'apportais ce corps. J'ai bien failli me fâcher, moi qui croyais que c'était le genre de choses à quoi ces braves mecs servaient : enterrer les gens. Enfin bon, la rapide explication que j'ai trouvée a paru le satisfaire et à vrai dire, il a cessé de s'inquiéter de ma personne quand Jayth est venu le provoquer. J'en ai rapidement profité pour décamper sans demander mon reste.
Après m'être baigné rapidement dans l'étang de la Main Rouge, comme ils l'appellent par ici, je suis retourné à l'auberge. Aliandre puis Jayth m'y ont rejoint, chacun m'exaspérant à sa manière. Le premier a eu le culot de venir s'installer à côté de moi sur le canapé et le second se complaisait toujours dans son verbiage venimeux. Et là-dessus, voilà pas qu'Alton débarque. Genre la soirée ne promettait déjà pas assez. J'ai laissé ces trois imbéciles et je suis allé m'installer au comptoir pour prendre un bon repas. A vrai dire, si on excepte les champignons, le repas fut parfait. La digestion le fut moins. Alors que je finissais ma chope, Helm, le dragon pourpre en faction à la Chopine est venu me saluer. On a discuté tranquillement pendant quelques minutes jusqu'à ce que je fasse remarquer que Norema, la serveuse, était bien potelée comme il fallait. J'ai de suite senti qu'il aurait fallu que je la ferme sur ce coup là : la donzelle était sa fiancée. Je faisais marche arrière assez adroitement quand ce serpent de Jayth commença à glisser de vilaines allusions. Visiblement dans le genre jaloux, le garde était sur le point de se jeter sur moi quand je me suis levé pour intimer au mendiant l'ordre de se taire. S'agirait pas que ce Helm me gâte aussi la soirée. Non pas que j'ai douté pouvoir collé une rouste à ce balourd mais ça m'aurait valu à coup sûr des ennuis avec le capitaine, ça.
Plus tard dans la soirée, alors que presque tout le monde avait quitté la Chopine, j'ai pris une dernière bière en compagnie d'Alton et Aliandre. J'ai pas mal discuté avec la demi-portion, pas si méchante que ça finalement, au sujet des bandits mais il semblait en savoir aussi peu que moi. De fil en aiguille, on a fini par se mettre d'accord pour tenter d'en apprendre plus en explorant la forêt royale au sud-ouest le lendemain. Mais voilà pas que la nuit passée, alors qu'on était sur le point de partir, cet imbécile de Marimmar pointe le bout de son nez. Evidemment, il était dès lors exclu de faire autre chose qu'escorter sa majesté. Quelques dizaines de minutes plus tard, on était parti, en route vers le sud. On pénétrait à peine dans la forêt que j'en pouvais déjà plus. Alton ne nous avait pas encore rejoint parce qu'il avait une course à faire au bourg. Jayth, quant à lui, n'avait pas manqué l'opportunité de se lier au mage prétentieux. Par chance, ce dernier traitait son nouvel ami avec presque autant de gentillesse que nous… Le mendiant venait d'ailleurs d'essuyer une vilaine rebuffade lorsqu'une troupe d'orques nous fonça dessus. Ceux-là semblaient plus costauds que ceux que j'avais déjà affrontés. Il fallut pas une minute pour qu'Aliandre s'effondre. Quant à moi, j'avais déjà quelques vilaines blessures et je m'escrimais comme un chien enragé lorsque je sentis une violente brûlure dans le dos.
Comment on dit dans ces cas-là ? "Après, ce fut le noir, l'obscurité la plus totale semblait régner dans le monde de ténèbres dans lequel j'avais atterri. Et au loin, j'apercevais déjà un tunnel au bout duquel une étrange lumière blanche semblait m'appeler". Une bêtise du genre m'est arrivée, quoique sans la lumière blanche et le tunnel. La seule lumière que j'ai aperçu, c'est les bougies de ma chambre, dans le temple, quand je me suis réveillé, avec évidemment un sacré mal de crâne. Par réflexe, je portais la main à ma blessure dans le dos mais je ne senti que du cuir calciné : j'étais guéri. A vrai dire, j'étais même en pleine forme. Je suis sorti rapidement, après avoir récupéré mes affaires. Je croisai Aliandre dans le couloir et Alton nous rejoignit rapidement. Visiblement, c'est grâce à lui qu'on était encore en vie. Maintenant que j'y pense, je me rappelle pas l'avoir remercié. J'aurais peut-être du. Faut dire que j'avais autre chose à l'esprit sur le moment. Ce n'était pas un orque qui avait tenté de m'achever en me pulvérisant le dos.
Alors que j'allais sortir du temple, Jayth et Marimmar firent irruption devant moi, chacun avec son expression détestable sur le visage. Le mendiant esquissa un sourire étrange en me voyant et la chose ne m'échappa pas. Je n'hésitai pas une seconde, en le regardant, pour dire que la blessure qui avait failli m'être fatale n'était pas l'œuvre de ces satanés orques. Je lus l'indignation dans les yeux des deux mages mais un examen rapide permit à tout le monde de voir que je ne mentais pas. Je doutais que Marimmar puisse compromettre sa situation dans la région en m'attaquant. Et pour quelle raison d'ailleurs ? Certes, il ne me portait pas dans son cœur mais de là à me tuer… Jayth faisait un concurrent bien plus sérieux. Mal intentionné ? Maladroit ? Si j'avais su à ce moment-là ce qu'il en était, j'aurais certainement abattu ma hache sur sa caboche. Histoire d'éviter de faire une bêtise, je suis sorti, bientôt rejoint par Alton qui semblait partager mon antipathie vis-à-vis de Jayth.

Marimmar est sorti quelques minutes plus tard sans m'accorder la moindre attention. L'imbécile. Aliandre et Jayth arrivèrent ensuite. Le mendiant vint se placer juste devant moi et prononça ces quelques mots qui me font encore regretter de ne pas avoir pris ma hache en main : "Je ne suis pas un débutant". Ce n'était donc pas une maladresse. Je suppose que j'ai pris goût à la vie que je mène ici et que je me dis qu'un meurtre, même pour de bonnes raisons, ne ferait pas mon affaire mais je ne peux m'empêcher de regretter de ne pas avoir répliquer. Il doit me prendre pour un pleutre… Manquerait plus à ce que ça vienne à se savoir."
Avec un sourire un peu niais, Leandrys reposa sa plume et feuilleta avec une certaine fierté les dernières pages de son carnet. A ce rythme là, il lui faudrait bientôt un nouveau carnet, voire pourquoi pas un vrai grimoire. Il arracha soigneusement une page du petit livre avant de le ranger dans le coffre. Puis saisissant à nouveau la plume, il se mit à griffonner d'un air las quelques mots sur la feuille qu'il avait gardée. Quelques minutes plus tard, l'encre finit de sécher et il plia soigneusement le papier avant de descendre pour sortir de l'auberge. Leandrys parcourut la courte distance qui séparait la Chopine de la maison communale d'un pas traînant. A l'intérieur, il trouva Tzin et lui remit ce qui s'avérait être la liste des miliciens du bourg.
La nuit tombait déjà lorsque Leandrys sortit. N'ayant guère envie de regagner sa chambre, il s'installa au bord de la rivière à l'est du bourg observant avec indifférence le soleil décliner inexorablement dans le lointain horizon. |
|  | | Leandrys

Age : 26 Inscrit le : 12 Avr 2007 Messages : 51 Localisation : Soirétoile
 | Sujet: Re: [Récit] Méditations d'un barbare bougon Lun 30 Avr - 16:16 | |
| Leandrys passa devant l'échoppe fermée du tailleur en grommelant. Sa bourse ne pesait de toute façon pas bien lourd. Les manches de sa nouvelle armure attendraient s'il voulait payer les frais pour la rénovation de la cabane. Songeant avec amertume que quelques heures plus tôt, il tenait dans sa main une bourse avec plus de 50 lions d'or à l'intérieur, le barbare serra les poings de dépit et finit par se diriger vers la Chopine : en attendant de pouvoir aménager chez lui, c'était le seul endroit où il pouvait dormir - passer une nuit à la caserne n'étant pas une option envisageable. Arrivé dans sa chambre, il s'installa devant le bureau sommaire dont il disposait et sortit les affaires dont il avait besoin : plume, fiole d'encre et carnet. Se frottant les mains pour les réchauffer, l'hiver approchait décidemment à grand pas, il réfléchit aux évènements qu'il devait consigner. L'inspiration ne venant pas, il décida finalement de relire les dernières lignes qu'il avait écrites il y a quelques jours.
"Je dois couver une grippe ou une saleté du genre. Je venais presque de me lever quand je suis descendu dans la salle de la Chopine. Il y avait pas grand monde. Je me rappelle plus qui j'y ai vu d'ailleurs. Me semble bien que j'ai vu Aliandre. Et un nain aussi, avec un nom étrange. Du genre fort en gueule. Il a beau avoir les cheveux couleur cendre, va falloir qui comprenne qu'il y a des façons dont il faut pas me parler. Enfin bref… Je me suis endormi dans la salle sans que les blablateurs environnants me dérangent. Au bout d'un certain temps, j'ai fini par émerger. Les regards soit étonnés soit moqueurs que les clients présents me jetèrent m'ont rap |
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